24 mai 2009 -  7ème dimanche de Pâques

Editorial du 17 mai

LES « TRANSMUTÉS » DE L’ASCENSION

   Ce qui est prodigieux dans le mystère de l’Ascension n’est pas que le Fils unique siège à la droite du Père. En effet, le Verbe de Dieu s’est incarné et il est venu parmi nous sans pour autant jamais quitter le Père. Ce qui est prodigieux et provoque l’émerveillement des créatures célestes elles-mêmes est que le Fils siège à la droite du Père désormais (et à jamais) avec sa nature humaine.

   Jésus n’a pas simplement restauré notre nature humaine blessée par le péché, il ne l’a pas simplement relevée de l’abaissement de la mort, il l’a surélevée (bien au-delà de l’état adamique avant la chute). C’est-à-dire qu’il lui a donné d’être ce que, par elle-même, elle ne pouvait ni être ni devenir. Jésus, par grâce, nous rend participants de la nature divine.

   On peut purifier une eau qui fut souillée, mais la divinisation de l’homme que Jésus opère est plus qu’une purification. L’eau peut changer d’état, selon la température, pour devenir glace ou vapeur ; mais la divinisation que Jésus opère est plus qu’un changement d’état naturel. Pour avoir ne serait-ce qu’une pâle idée de ce que réalise l’Ascension, il faudrait imaginer non pas une évolution mais une transmutation, à la manière du plomb changé en or. 

   Cependant, la gloire divine qui nous est communiquée est infiniment plus précieuse que l’or. Le ruissellement de la lumière divine qui nous est partagé et qui nous fait resplendir est infiniment plus joyeux et lumineux que toutes les splendeurs de la terre. Par le Christ, avec lui et en lui, dans l’unité du Saint Esprit, notre humanité est faite gloire du Père, manifestation de son éternel et bienveillant dessein. 

   Seigneur Jésus, glorifié dans les cieux, envoie ton Esprit Saint : qu’il achève en nous toute sanctification !

Père Gabriel Würz



Ascension du Christ,
Garofalo, 1510-1520. 
Galerie Nationale d’Art Antique, Rome.