26 avril 2009 -  3ème dimanche de Pâques

Editorial du 19 avril

" FRAPPÉS DE STUPEUR ET DE CRAINTES "      

    Les évangiles que nous avons entendus depuis Pâques nous ont permis de nous approcher de cette simple réalité qu'est tout homme: un être sacré, voulu par Dieu, appelé à la vie éternelle, et en vivant déjà pour ceux qui sont réconciliés avec Dieu. Aujourd'hui nous sommes invités par le Christ à nous interroger sur la corporalité de l'être humain.

   Dieu n'a pas voulu nous sauver seul mais il a fait de nous un peuple. Il nous a donné un corps pour que nous puissions vivre ensemble. Car c'est grâce à notre corps que nous pouvons exister : c'est grâce à notre corps que nous pouvons sortir de nous-même pour nous dire aux autres, pour recevoir des autres leurs expériences, et en définitive pour nous dire à nous-même ce que nous sommes.

   Voyez le Christ dans l'évangile de ce jour : Il apparaît aux disciples avec son corps, cela les plonge dans la stupeur et la crainte. Pourtant cette manifestation va leur permettre de comprendre qu'Il est ressuscité, c'est-à-dire qu'Il est vivant, capable de leur parler, de prendre un repas avec eux, de les instruire et de leur donner une mission : grâce à son corps Il dit qu'Il est, et Il leur dit aussi qui ils sont. 

   Dès lors nous pouvons comprendre que l'Homme, de par sa nature, est constitué d'une âme et d'un corps et ce de façon irréductible. Il n'y a pas d'être humain qui puisse exister sans un corps (la mort n'étant qu'un passage temporel en attendant le temps de la résurrection). De la même façon nous devons dire qu'il n'y a pas de corps humain sans une vie humaine, sans une âme qui lui soit irréductiblement attachée. Nous ne pouvons donc pas dissocier, dans la vie, le corps et l'âme, car c'est l'union des deux qui nous permet de vivre. 

   Aujourd'hui la connaissance biologique permet à l'homme d'intervenir sur le corps humain de façon nouvelle: ayant discerné quelques processus de fonctionnement, il s'apprête à utiliser ces connaissances pour modifier ce qui existe à l'état naturel : l'homme est en passe de faire en biologie ce qu'il a fait pour l'énergie en passant de la combustion chimique à la combustion nucléaire. Les chrétiens ne peuvent pas rester en dehors des débats qui vont avoir lieu dans les mois qui viennent. Nous devons dire aux hommes de ce temps ce qu'est l'Homme : sa finalité, son corps et son âme. Il est temps pour nous de nous instruire à la lumière de l'Evangile, et du Magistère, pour ne pas être paralysés par la suite par la stupeur et la crainte. 

Père Henri CHÂTELET