1er mars 2009 -  1er dimanche de Carême

Editorial du 22 février

SUR LES PISTES DU CARÊME      

   Le carême est un temps de conversion et de pénitence en lien direct avec l’appel du Christ : « Convertissez-vous ». Mais pourquoi parler de pénitence alors qu’apparemment il n’est question que de conversion ?

   À l’origine, « faire pénitence » pænitemini n’est que la traduction latine du métanoéité grec (convertissez-vous). Toutefois, les deux notions se sont distinguées en insistant sur des nuances différentes.

   La conversion souligne le changement radical de direction – en ski ce mot désigne la manœuvre qui consiste à tourner ses skis de 180 degrés. La conversion est donc un changement spirituel d’orientation comme on passe de l’occident à l’orient : on se détourne des ténèbres du péché pour faire face à la lumière du Christ Sauveur.

   La pénitence, contrairement à ce que le mot peut évoquer dans notre esprit, n’a pas pour fonction première d’être pénible. Elle correspond aux premiers pas à la suite du Christ comme disciple renouvelé par la miséricorde.

   En effet, la conversion est un retournement, mais pas encore une mise en route ; la conversion à ski est d’ailleurs un mouvement exécuté en restant sur place, il faut imprimer un élan de surcroît pour bouger. La pénitence correspond à cet élan qui nous met en mouvement une fois tournés vers le Christ.

   Sa pénibilité doit se comprendre à la manière d’une rééducation. Lorsqu’on se casse un bras sur les pistes, après un mois de plâtre l’os est, certes, remis mais on devra faire de la rééducation pour retrouver la souplesse du membre. La rééducation est douloureuse, mais ce n’est pas le fait du médecin qui serait méchant en l’imposant : c’est à cause de la blessure dont il faut récupérer.

   Ainsi, la pénitence se révèle : 1) élan donné à celui qui s’est laissé convertir vers le Christ et 2) rééducation du cœur à aimer comme Lui.

Père Gabriel Würz

Vivre l’Evangile en entreprise
19 janvier 2009

Compte-rendu et photos de la soirée