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24ème dimanche du Temps ordinaire

A QUI DEMANDERAI-JE LA FAVEUR DE M’EUTHANASIER ?

En France, la question de l’euthanasie ou de « l’assistance au suicide » est toujours présente et demeure comme une possible « avancée » sociétale dans les prochains mois ou années. De nombreux pays européens ont déjà franchi le pas.

Certains chrétiens semblent même favorables à cette évolution pour leur propre fin de vie. La première raison, bien compréhensible, est celle de la souffrance insupportable de certains malades en fin de vie. Heureusement, le développement des soins palliatifs permet d’affaiblir cet argument et de combattre la souffrance sans avoir pour unique recours de supprimer celui qui souffre.

Pourtant, l’euthanasie demeure encore séduisante, car tout homme a peur de sa propre déchéance. Plus encore qu’à la souffrance, on aimerait se soustraire à l’inéluctable déclin, le long flétrissement de notre image, l’étiolement du corps et le crépuscule de l’intelligence. Voir nos parents et grands-parents dégringoler lentement dans leurs vieux jours nous donne envie d’échapper à ce même sort. Et par un renversement surprenant mais efficace, pour ne pas vivre dans l’indignité, nous solliciterions le droit à mourir dans la « dignité ». Il ne s’agit peut-être que du désir d’autonomie totale de l’homme : « ni Dieu, ni le destin, ni mon corps, ne me dictera l’heure de ma mort, je souhaite garder cette ultime liberté et choisir mon heure ». Si l’euthanasie semble être un droit ou une liberté, le croyant, lui, voit bien quelle idolâtrie se cache derrière un tel projet. Il n’appartient pas à l’homme de choisir l’heure de sa mort.

Mais, plus subtile encore, l’euthanasie pour soi se travestit souvent en acte bon et généreux : celui de ne pas peser sur ses proches. « De grâce, dirions-nous, que mes enfants ne revivent pas le calvaire que fut l’accompagnement de mes propres parents ! »

Pourtant, si nous voulons le bonheur de nos enfants, demeure une question : est-il préférable de les fatiguer ou d’en faire des meurtriers et des parricides ? Quel est le plus lourd : la fatigue ou la responsabilité d’avoir donné la mort ? Car, au fond, nous parlons souvent de la personne qui choisit de mourir, mais quand donc parlerons-nous de celle qui choisit de tuer, ou qui est contrainte par une volonté exprimée antérieurement de se résoudre à tuer ? Nous qui n’avons pas voulu supprimer nos propres parents, nous ne pouvons demander cette macabre faveur à nos chers enfants. Quels que soient le drame indéniable de tant de fins de vie et l’angoisse légitime de peser sur les autres, personne n’a le droit d’imposer le fardeau d’une telle décision à un médecin et encore moins à ses proches. Nous avons donné la vie à nos enfants, devront-ils nous donner la mort ?

Père Etienne Masquelier

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy


Intronisation du Père William-Jean de Vandière

Message de Mgr Michel Aupetit


LETTRE AU PEUPLE DE DIEU


Lettre du Saint-Père au Peuple de Dieu (20 août 2018)

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Pape François


Mgr Jérôme Beau, nouvel archevêque de Bourges


Mgr Éric de Moulins-Beaufort, nouvel archevêque de Reims

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