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ADORER : quid ?
Le mot « adorer » tire son origine
du latin « ad = vers » et « os = bouche ».
Adorer signifie donc orienté, élancé vers la bouche et y rester
appliqué.
Dans la Bible, la première expression de la relation de l’homme
avec son Créateur est un bouche à bouche : Dieu insuffle en Adam
son propre souffle qui permettra à Adam, façonné de la glaise du
sol, de devenir un vivant.
Si Adam s’écarte tant soit peu de son Dieu, il perd son souffle
vital. Pour que le souffle de Dieu passe en lui, Adam doit
rester comme collé en permanence à son Dieu, dans un face à face
on ne peut plus intime. Pour que le souffle de Dieu passe en lui
en permanence, Adam doit « adorer » et « adhérer »
Dieu nous a donné la vie, c’est encore Dieu qui nous y maintient.
Adorer c’est demeurer dans l’amour. Etre non seulement orienté, et
élancé vers notre Dieu, mais demeurer en sa présence, dans
l’amour tout simplement. Alors Dieu nous façonne encore et
encore, instant après instant, à son image et à sa ressemblance.
Adorer c’est accueillir l’amour et la tendresse de notre Dieu, avec
un cœur de pauvre et une ouverture totale de notre être.
Les adorateurs « en esprit et en vérité » sont ceux qui entrent
dans la dynamique d’amour ouvrant grand la bouche pour se
laisser remplir de l’Esprit du Seigneur et accueillir ses dons.
Que chacun de nous goûte à la joie de les chercher et de les
découvrir.
Père François SCHEFFER
Le Christ et la Samaritaine
DUCCIO di Buoninsegna
Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid
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Évangile de Jésus-Christ selon
saint Jean |
Jn 4, 5-42 |
Jésus arrivait à une
ville de Samarie appelée Sykar, près du terrain que
Jacob avait donné à son fils Joseph, et où se trouve le
puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était
assis là, au bord du puits. Il était environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de
l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » (En
effet, ses disciples étaient partis à la ville pour
acheter de quoi manger.) La Samaritaine lui dit : «
Comment ! Toi qui es juif, tu me demandes à boire, à
moi, une Samaritaine ? » (En effet, les Juifs ne
veulent rien avoir en commun avec les Samaritains.)
Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu, si
tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire,
c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné
de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as
rien pour puiser, et le puits est profond ; avec quoi
prendrais-tu l’eau vive ? Serais-tu plus grand que
notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a
bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui
répondit : « Tout homme qui boit de cette eau aura
encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je
lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je
lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour
la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur,
donne-la-moi, cette eau : que je n’aie plus soif, et
que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » Jésus lui
dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme
répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu
as raison de dire que tu n’as pas de mari, car tu en as
eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton
mari : là, tu dis vrai.» La femme lui dit : « Seigneur,
je le vois, tu es un prophète. Alors explique-moi : nos
pères ont adoré Dieu sur la montagne qui est là, et
vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut
l’adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme,
crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur
cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous
adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons,
nous, celui que nous connaissons, car le salut vient
des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et
en vérité : tels sont les adorateurs que recherche le
Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en
esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme
lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on
appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous
fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Moi
qui te parle, je le suis. »
Là-dessus, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le
voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit
: « Que demandes-tu ? » ou : « Pourquoi parles-tu avec
elle ? » La femme, laissant là sa cruche, revint à la
ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a
dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ?
» Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers
Jésus.
Pendant ce temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens
manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi
manger ; c’est une nourriture que vous ne connaissez
pas. » Les disciples se demandaient : « Quelqu’un lui
aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma
nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a
envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas :
Encore quatre mois et ce sera la moisson ? Et moi je
vous dis : Levez les yeux et regardez les champs qui se
dorent pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur
reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie
éternelle, si bien que le semeur se réjouit avec le
moissonneur. Il est bien vrai, le proverbe : L’un sème,
l’autre moissonne. Je vous ai envoyés moissonner là où
vous n’avez pas pris de peine ; d’autres ont pris de la
peine, et vous, vous profitez de leurs travaux. »
Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause
des paroles de la femme qui avait rendu ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils
arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer
chez eux. Il y resta deux jours. Ils furent encore
beaucoup plus nombreux à croire à cause de ses propres
paroles, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à
cause de ce que tu nous as dit que nous croyons
maintenant ; nous l’avons entendu par nous-mêmes, et
nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde.
»
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