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CHOISIR LE BON DIEU SANS
SE TROMPER
Dans le récit de la
Transfiguration, la parole du Père qui jaillit de la nuée inclut
deux petits mots qui risqueraient bien de passer inaperçus : «
celui-ci ». Il n’y en a donc pas d’autre qui soit son Fils
bien-aimé, vrai Dieu né du vrai Dieu ; il n’y en a donc pas
d’autre que le Père invite à écouter. Cette spécificité de Jésus
ne peut pas être oubliée ni écartée.
Cela nous amène à être prudent avec une expression diplomatique : «
nous avons tous le même Dieu ». Certes, si nous exprimons par-là
que Dieu est unique, qu’il n’y a qu’un seul créateur, cela est
vrai. Cependant, cette formule véhicule aussi l’idée que toutes
les religions se valent plus ou moins. Il y a une ambiguïté qui
trouble en particulier les enfants dans leur découverte de la
foi. Comment aimer le Christ et pourquoi s’engager à le suivre –
ce qui est exigeant – s’il n’est pas meilleur que Mahomet,
Bouddha ou Vishnou ?
L’ascension d’une montagne n’est pas la même selon le versant.
Certains passages ne permettent pas au randonneur d’accéder au
sommet, même si on peut l’apercevoir. On a beau surplomber la
plaine environnante, on peut rester bloqué loin du sommet.
De même, ce n’est qu’avec Jésus que nous découvrons la plénitude de
l’amour. Il est le seul médiateur, le seul versant, qui nous
mène au sommet de la contemplation du Père. Par lui, le Verbe
fait chair, nous savons que Dieu n’est pas impuissant à compatir
à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout (He 4, 15) ; par
lui, nous savons que Dieu nous a aimés jusqu’à la fin (Jn 13, 1)
: il a livré sa vie pour nous. Nulle autre religion ou sagesse
ne peut le dire.
Ce trésor inouï de la révélation en Jésus-Christ a été confié à
l’Eglise. Témoignons-en fièrement dans la clarté de la
Transfiguration.
Père Gabriel WÜRZ
Transfiguration
Fra Angelico (vers 1387-1455)
Fresque - Couvent San Marco, Florence. |