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Semaine du  13 au 19 juin 2004

Semaine dernière (6 au 12 juin)  

SAINT SACREMENT DU CORPS
ET DU SANG DU CHRIST


Gn 14, 18-20 ; 1 Co 11, 23-26
Lc 9, 11-17
Office Psautier SEMAINE III

  " Donnez-leur vous-mêmes à manger "

 Devant une tâche lourde à accomplir, devant telle situation qui s'annonce trop difficile à maîtriser, une tentation me guette, c'est de déclarer que les autres ont à (n'ont qu'à) se prendre en mains. Comme les disciples de Jésus il y a deux mille ans, je voudrais évacuer le problème en renvoyant la foule, évitant ainsi d'avoir à prendre sa nourriture en charge. Qu'il est tentant de me mettre à l'écart, d'oublier que Dieu lui-même est avec moi !
Si cette attitude ne règle rien (elle ne règle jamais rien, en effet), un autre piège me menace, c'est de plaider devant Dieu le réalisme humain : il y a beaucoup trop de bouches à nourrir, il est tout à fait déraisonnable de vouloir y prétendre étant donné les moyens objectifs disponibles. Comme les disciples il y a deux mille ans, et tant d'hommes avant eux dont l'Ancien Testament raconte la vocation par ailleurs prophétique, je voudrais faire d'abord appel à la raison pour me justifier de ne pas entreprendre ce que Dieu m'appelle à achever. Je n'ai pas de quoi acheter tant de pain, je ne veux pas voir que le pain donné par Dieu me rachète…
    Relisons le livre de la Genèse : le juste parmi les innombrables enfants d'Abraham, c'est celui qui paie de sa personne et fait hommage à Dieu aux pieds des prêtres et des rois de la lignée de Melchisédech. Chacun aujourd'hui et toujours, est appelé à rendre hommage, à donner de ce qu'il a et, plus encore, tout ce qu'il est. Par grâce, je suis envoyé distribuer les bienfaits du Très-Haut. En Jésus, humblement humain, la toute-puissance de Dieu se met à ma faible portée, me rejoint et me restaure dans mes tentations, dans mes maladresses et jusque dans mes péchés.
Le miracle de ce repas de la foule rassasiée qui laisse encore de quoi nourrir une autre foule, c'est à mon cœur hésitant qu'il est d'abord destiné. Il est un signe pour le disciple chancelant que je suis, pour ma foi si fragile encore. Il est un signe de l'Eucharistie. Il révèle que l'homme vit de Dieu ; que Dieu parfait se fait connaître par l'homme en chemin.
Notre charité est sollicitée : par nos paroles et nos actes rendons grâce à l'Amour, source unique, bien suprême, accomplissement de tout.

G. de VILLOUTREYS 
 diacre           

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lc 9, 11-17

 Jésus parlait du règne de Dieu à la foule, et il guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Les Douze s'approchèrent de lui et lui dirent : " Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et trouver de quoi manger : ici, nous sommes dans un endroit désert. " Mais il leur dit : " Donnez-leur vous-mêmes à manger ". Ils répondirent : " Nous n'avons pas plus de cinq pains et deux poissons… à moins d'aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde ". Il y avait bien cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : " Faites-les asseoir par groupes de cinquante ". Ils obéirent et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu'ils les distribuent à tout le monde. Tous mangèrent à leur faim, et l'on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers.

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