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A PROPOS !
Voici que résonne une expression à la fois familière et étrange :
Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions
faire. La formule est paradoxale. A quoi servent-ils donc, ces serviteurs
inutiles qui pourtant ont fait ce qu’ils devaient
faire. La traduction liturgique, serviteurs
quelconques, arrondit les angles tout en apportant une note d’apparente humilité mais son amabilité même voile le propos. Ils sont inutiles et avaient pourtant quelque chose à faire. S’ils ne l’avaient point fait, ils auraient été qualifiés de
mauvais serviteurs.
Les apôtres ici, car c’est à eux que Jésus s’adresse, sont comparés à des serviteurs mais la parabole introduit une dissemblance qui ressemble à une dissonance, car, précisément, ils ne sont pas qualifiés de quelconques mais d’inutiles. Ils n’apportent pas au maître une qualification qui les rendrait utiles, comme ce serait le cas pour un serviteur quelconque, c’est Jésus qui, les appelant à lui, leur donne gratuitement une capacité à devenir serviteurs. Accomplissant tout ce qui leur
a été prescrit, ils ne peuvent s’en prévaloir pour prétendre à une quelconque utilité propre. En réalité, si utilité il y a, elle provient de la gratuité de l’appel du Maître qui a voulu les associer à son œuvre.
Tu dois raviver en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t’ai imposé les
mains, écrit Paul à Timothée. L’apôtre s’adresse à un collaborateur, devenu serviteur inutile par l’appel de l’Eglise et le don de l’Esprit Saint. Pas plus que Paul, Timothée n’est un serviteur quelconque, nous connaissons même leur nom à tous deux, mais l’un comme l’autre sait que Dieu seul est grand qui leur donne d’être ce qu’ils sont, des collaborateurs qu’il aurait pu ne pas appeler. Toute leur joie naît de ce don.
C’est finalement un titre de noblesse que donne ainsi Jésus à ceux qu’il appelle. C’est le nôtre. L’énergie que nous employons au service de la communauté paroissiale est celle des
serviteurs inutiles. Et si elle manquait, elle ferait gravement défaut car ce n’est point à la paresse qu’incite une telle appellation mais à une réelle remise de nous-mêmes à celui dont l’action seule est salvifique, miséricordieuse, créatrice. Le
forum de ce dimanche n’a de sens que dans cette perspective, il vise à nous rendre sensibles à notre vocation de disciples du Christ, à déployer le don de Dieu que nous avons reçu, à vivre de la charité divine.
Merci à tous ceux qui nous permettent de le percevoir aujourd’hui avec l’ambition d’aider au renouvellement de notre capacité d’accueil, fille de notre capacité d’aimer. Qui donc est mon prochain ?
Père Antoine Louis de LAIGUE Curé

Mardi 9 octobre: fête de Saint Denis, évêque de Paris
Notre Dame de Paris
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