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Semaine du  5 au 11 septembre 2004

Semaine dernière (27 juin)  

23e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


Lectures - Année C
Sg 9, 13-18 ; Phm 9… 17
Lc 14, 25-33
Office Psautier SEMAINE III

Haïr pour mieux aimer ?

 Etre chrétien, vivre en chrétien n'est pas une sinécure. Comme le Seigneur nous l'indique dans l'évangile de ce dimanche, cela implique des choix clairs et requiert des engagements déterminés. Or parmi les conditions que Jésus attend des siens, il en est une qui ne laisse pas de nous déconcerter : " Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple ".
Notre traduction liturgique atténue quelque peu le texte dont la littéralité est très brutale puisque saint Luc va jusqu'à employer le verbe grec " haïr " (misein), qu'on pourrait rendre plus justement par " aimer plus ", d'un amour exclusif et préférentiel à tout autre.
Celui donc qui n'aime pas Jésus-Christ plus que son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, ne peut être Son disciple ! On pourrait s'étonner que Celui qui n'est pas venu abolir la Loi (qui nous enjoint d'honorer nos parents) mais la perfectionner (en nous commandant d'aimer nos ennemis), nous fasse un devoir de " haïr " ceux qui nous sont unis par les liens de l'affection et du sang.
Qu'est-ce que cela signifie ?
Pour nous faire mieux comprendre la nature de cette " haine " et surtout qu'elle ne s'origine pas en quelque mauvais sentiment mais bien dans le plus grand Amour, qui est la Charité, le Seigneur nous prescrit de l'étendre jusqu'à notre propre vie. Pouvons-nous avoir de la haine pour notre vie quand le Seigneur nous demande d'aimer notre prochain comme nous-mêmes ?
Avoir de la " haine " pour soi, selon saint Grégoire-le-Grand, signifie ne pas consentir aux penchants de la chair et du sang qui voudraient nous détourner de Celui qui est la voie, la vérité, la vie, notre VIE !
En d'autres mots, cela veut dire que l'amour de Dieu doit occuper la première place dans nos vies et que nous devons être prêts à tout sacrifier et à rompre avec tout ce qui pourrait entraver cet amour quand même ce seraient des affections légitimes et chères à nos cœurs.
Si nous voulons suivre le Christ et prendre au sérieux les engagements de notre baptême, il se peut que nous soyons obligés parfois - mais jamais sans souffrance - de nous opposer à nos parents, un conjoint, des enfants, un frère ou une sœur…
Tel est la poids de la croix que nous devons porter en marchant derrière le Christ. Jésus dans l'Evangile, à plusieurs reprises, ne craint pas de heurter son auditoire.
Et si, comme nous le rappelle l'Eglise à la suite de saint Paul, il est du devoir des chrétiens " de s'efforcer de plaire à Dieu plutôt qu'aux hommes, [et d'être] toujours prêts à tout abandonner pour le Christ "(1), pourrons-nous refuser de suivre Jésus au motif que ces paroles seraient trop dures à entendre ?

Albert JACQUEMIN
 vicaire  

   (1) Vatican II Décret sur l'apostolat des laïcs. Apostolicam actuositatem, 4      

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lc 14, 25-33

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : " Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi, ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : }Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !~ Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ? S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.
De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut pas être mon disciple. "

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