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REPONSES A DES
QUESTIONS...
LE BAPTEME
SOMMAIRE :
- Qu'est-ce que le baptême ?
- A quel âge peut-on être baptisé ?
- Le baptême des petits enfants a-t-il un sens ?
- A quoi correspond la profession de foi ?
- Pourquoi la renonciation au mal ?
- Qu'est-ce que le péché originel ?
- De quoi suis-je sauvé, moi ?
- Que communique le baptême ?
- Qui baptise ?
- Comment se prépare-t-on à recevoir le baptême ?
- Le baptême : aboutissement ou commencement ?
- Qu'est-ce que ça change d'être baptisé ?
- Comment choisir le parrain et la marraine ?
Les informations qui vous sont communiquées, le sont sous
forme de réponses à des questions fréquentes. La plupart du
temps, elles sont brèves et peuvent provoquer de nouvelles
interrogations. Posez-les, en nous
adressant un message.
1/ Qu'est-ce que le baptême ?
Pour l'Eglise catholique, c'est le premier des sept
sacrements. Le mot est une transcription du grec "baptizein"
qui signifie "plonger". Le rite actuel, qui consiste à verser
de l'eau sur la tête, évoque plutôt un rite de purification,
mais cette compréhension détourne l'attention de ce qui
s'accomplit en réalité.
Dans sa signification première, le baptême opère l'union d'un
être humain au Christ, mort et ressuscité. L'eau, dans
laquelle on est plongé, signifie la mort du Christ, et la
sortie de l'eau signifie la vie nouvelle qu'il communique
ainsi. Ce baptême est accompli au nom du Père et du Fils et du
Saint Esprit, selon l'ordre même du Christ après sa
résurrection.
Par l'union sacramentelle au Christ, la personne baptisée
entre ainsi dans la vie trinitaire : unie au Fils unique, elle
devient fils ou fille adoptif du Père dans la puissance
unifiante de l'Esprit Saint qui la sanctifie. Elle reçoit
ainsi le pouvoir de devenir par la foi ce qu'elle est grâce au
sacrement.
Dans le même mouvement, le sacrement opère l'incorporation à
l'Eglise, corps du Christ dont les baptisés sont les membres
vivants. Selon la formule qui précède la chrismation : "Tu es
membre du corps du Christ, tu fais partie de son peuple et tu
participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi".
2/ A quel âge peut-on être baptisé ?
A proprement parler, il n'y a pas d'âge : un bébé, présenté
par ses parents, peut être baptisé, tout comme un adulte.
Toutefois, il est malcommode de baptiser des enfants qui ne
sont plus des bébés et qui n'ont pas encore l'âge de raison
(de deux à sept ans). Pourquoi ? Parce que l'enfant ne peut
pas bien comprendre ce qui lui arrive, tout en percevant bien
qu'il lui arrive quelque chose. Humainement, il peut aussi
être contraint malgré lui à s'estimer le centre de l'attention
des adultes, et du coup à ne pas être dans les dispositions
justes par rapport à un sacrement. Il peut même arriver, à
l'âge du "non", que l'enfant se rebiffe lorsqu'il est conduit
à la cuve baptismale : cela fait un peu désordre, et l'on ne
sait plus très bien quoi faire, ou plutôt on est obligé
d'interrompre la célébration en raison de la contradiction
dans laquelle on est placé et des dégâts spirituels ultérieurs
si l'on persistait.
3/ Le baptême des petits enfants a-t-il un sens ?
C'est une pratique très ancienne à laquelle l'Eglise est
attachée. Elle souligne la caractéristique fondamentale de
tout baptême qui est une nouvelle naissance. L'analogie avec
la naissance naturelle permet d'en manifester la justesse. Le
baptême est une affaire de vie, et non premièrement de valeurs
morales ou d'adhésion à une famille de pensée.
Normalement, lorsque des parents ont choisi de recevoir le
sacrement du mariage, ils s'engagent à élever les enfants
qu'ils recevront "humainement et chrétiennement". Cette
éducation chrétienne s'ouvre avec le baptême, parce qu'elle
consiste à soutenir la croissance d'une vie reçue. Cela peut
aussi se comprendre dans la logique propre de l'amour des
parents qui cherchent à donner à leur enfant ce qu'il y a de
meilleur pour vivre. L'expression des motifs de la démarche
des parents prend des formes variées qui indiquent cette même
volonté : protection, foi, membre de l'Eglise.
Certains mettent en évidence le fait qu'un enfant n'est pas
conscient de ce qu'il fait, et qu'il est donc préférable
d'attendre qu'il demande lui-même à recevoir le baptême. Sa
liberté est respectée.
Cette position, résumée, nourrit bien la réflexion.
Le bébé va recevoir de ses parents bien des réalités qu'il
n'aura pas choisies, il devra se plier à de multiples choix
que les parents feront pour lui parce qu'ils estiment
légitimement que c'est ainsi qu'il pourra grandir et apprendre
à être libre, il apprendra à parler, à réfléchir et à juger à
partir des paroles, des réflexions et des jugements de ses
parents. Il ne peut pas en être autrement, et c'est de cette
manière que l'enfant acquiert ce qui lui est nécessaire pour
agir librement. Pourquoi la vie chrétienne aurait-elle une
place si particulière qu'elle pourrait ne pas être communiquée
dès le commencement ?
Dans le même registre, mais plus radical, l'enfant qui existe
n'a pas demandé à venir au monde. L'acte qui fonde son être le
plus intime, et qu'il découvrira progressivement, lui est
donné, et absolument donné. C'est en quoi consiste l'étonnant
mystère qui émeut tant les parents : ce sont eux qui ont donné
naissance à cette nouvelle personne, unique, distincte d'eux
et venant d'eux, autre qu'eux-mêmes et appelée à aller vers
d'autres qu'eux-mêmes. Cette situation naturelle aide à
comprendre ce qu'accomplit profondément le baptême, même
lorsqu'il s'agit d'un adulte : il est saisi par l'Esprit Saint
qui le fait naître à la vie même de Dieu, il n'est pas à
l'origine de ce qui lui arrive, même s'il l'a demandé et y
consent. Le baptême n'est pas d'abord un acte d'adhésion à des
valeurs, qui peuvent bien exister, mais un acte de naissance
en Dieu.
Si l'enfant n'est pas conscient moralement, ce sont ses
parents qui le sont pour lui, de la même manière qu'ils l'ont
conçu et accueilli. L'existence de l'enfant repose entièrement
sur la bienveillance et la vigilance de ses parents. Lorsque
les parents présentent leur petit au baptême, ils s'engagent à
lui communiquer ce qui permettra à la vie reçue de porter tout
son fruit. Ils expérimentent alors comme un redoublement de
leur joie et de la conscience de leur responsabilité, parce
qu'après avoir reçu un petit d'homme, il reçoivent un petit
baptisé, un fils ou une fille adoptif du Père. Le Père le leur
confie doublement en quelque sorte : pour la vie naturelle et
pour la vie surnaturelle, la seconde pénétrant et
transfigurant la première.
Parfois, dans les rencontres de préparation au baptême, de
jeunes parents, conscients du don qu'ils ont reçu avec leur
enfant et de l'aventure que représente toute vie humaine,
disent qu'ils font baptiser leur enfant pour qu'il puisse
bénéficier de ce qu'ils estiment le meilleur et qu'il soit
effectivement en mesure de choisir plus tard. Et ils ajoutent
: il pourra ne pas suivre la voie que nous lui indiquons. Tout
en comprenant le scrupule qui sous tend cette formulation, je
ne peux m'empêcher d'interroger : Pourquoi utilisez-vous la
formule négative ? L'espérance des parents ne peut-elle pas
être que l'enfant soit en mesure de ratifier librement la vie
chrétienne qu'il a reçue le jour de son baptême ?
Nous sommes, malgré nous, imprégnés par une conception
négative de la liberté dont notre compréhension de la vie
humaine est tributaire. Est libre, celui qui dit non ou qui
peut dire non. Ne devient libre que celui qui s'oppose.
Pourquoi la liberté n'est-elle pas comprise comme la faculté
de pouvoir dire oui au bien ou à Dieu, du plus profond
mouvement de soi, de pouvoir consentir à ce que j'ai reçu et
qui fait que j'existe. Que la possibilité de refuser existe,
cela ne fait pas de doute, mais elle existe comme
manifestation réelle d'un consentement non contraint, pas
comme l'expression achevée de la liberté. Et je suppose que
c'est en partie cette condition que les parents ont à l'esprit
quand ils parlent négativement du choix ou des choix
ultérieurs de leur enfant.
Mais, après tout, pourquoi des parents ne pourraient-ils pas
espérer goûter la joie de voir que ce qu'ils ont donné à leurs
enfants leur donne de vivre librement à leur tour, dans la
reconnaissance du Père ? Et cela sans qu'il y ait une
contrainte morale, qui de toute manière, si elle existait,
invaliderait l'acte de foi lui-même. Par sa nature, celui-ci
ne peut être contraint puisqu'il est l'acte suprême de la
liberté personnelle qui consent à son Créateur.
4/ A quoi correspond la profession de foi ?
Dans le déroulement du baptême, la profession de foi suit la
bénédiction de l'eau et précède immédiatement le baptême.
C'est la forme la plus ancienne, dialoguée et explicitement
trinitaire : Croyez vous en Dieu le Père, en son Fils Jésus,
en l'Esprit Saint.
Elle est demandée aux parents et aux parrain et marraine, puis
à l'assemblée présente. Professer la foi, c'est la proclamer
publiquement. C'est dans cette foi que l'enfant présenté est
baptisé, tout comme l'adulte qui se présente au baptême. Cette
foi, il l'a reçoit au jour de son baptême et c'est en elle que
se développera sa vie de disciple du Christ.
Il peut arriver que les parents qui présentent leur enfants
soient un peu incertains à propos de tel ou tel point de la
profession de foi. Ils doivent être conscients que cette foi
est d'abord celle de l'Eglise entière, qui porte leur propre
confession de foi. Ainsi, l'assemblée est-elle interrogée, en
signe de la présence de l'Eglise en son ensemble.
5/ Pourquoi la renonciation au mal ?
Cette renonciation au mal précède la profession de foi. Elle
paraît parfois incompréhensible aux parents de bébés, car ils
ne comprennent pas pourquoi l'on parle ainsi du péché, du mal
et de Satan. L'enfant leur paraît dégagé de ces liens. Ce que
nous diront du péché originel éclairera probablement ce point.
Mais remarquons tout d'abord que cette renonciation est
demandée aux parents, parrain et marraine. Cet acte solennel
rejoint deux réalités : la première est la responsabilité que
prennent les parents de conduire leur enfant "pour qu'il
apprenne à aimer Dieu et le prochain", la seconde tient à
l'expérience de l'Eglise qui sait que au long de son
épanouissement "la vie reçue rencontrera bien des obstacles"
et qu'elle engendre un combat pour le bien, contre le mal.
C'est cet aspect que souligne la renonciation précédant la
profession de foi. Elle manifeste la conscience de ce combat
chez les adultes présents, un combat qu'ils connaissent
parfaitement et qu'ils partagent avec tout homme, même celui
qui ne professe pas la foi chrétienne. Elle donne forme à
l'expression d'un choix de liberté, dans sa clarté la plus
grande : choisir le bien suppose que l'on renonce au mal.
D'une certaine manière, renoncer réellement au mal engage
fortement sur le chemin de la recherche et de
l'accomplissement du bien.
Cet acte insolite souligne le réalisme d'une existence marquée
par la recherche réelle du bien. Nous constatons bien souvent
une sorte de tolérance au mal qui coexiste avec un désir
affiché du bien, dans une béate incohérence. Mais on ne veut
pas réellement le bien tant qu'on ne refuse pas le mal, et une
forme suprême de témoignage rendu au Bien consiste à refuser
le mal et à porter la conséquence de ce choix.
Cette renonciation, lorsqu'elle est prise au sérieux, provoque
souvent une prise de conscience de la vérité toute relative de
nos paroles ou de nos déclarations de principe. Curieusement
il paraît plus difficile de renoncer au mal que de professer
la foi, et les choix de vie qu'elle implique. Or, le premier
effet de la foi c'est d'accepter de coopérer à l'œuvre du
Christ venu libérer l'homme des chaînes du mal et du péché.
6/ Qu'est-ce que le péché originel ?
Cette expression paraît archaïque ou, à tout le moins,
déplacée surtout lorsque c'est une bébé qui est baptisé.
Comment, dit-on, imputer ce péché à un bébé : il n'est ni
conscient ni en position de commettre quelque péché que ce
soit. Sans doute, mais en fait ce n'est pas la question !
Le péché originel désigne le péché qui marque tout être humain
venant en ce monde. Il n'en est pas coupable, mais son être,
du fait qu'il appartient à l'humanité, est blessé. Qu'en
savons-nous, et d'où le savons-nous ? De ce que le Christ
accomplit et de ce qu'enseigne la Révélation, notamment dans
les premiers chapitres de la Genèse. Mais, réfléchissons par
un autre biais, à partir de l'enfant.
On a parfois aujourd'hui une manière d'idéaliser l'enfant, par
nostalgie ou par différence d'avec les adultes retors, qui
laisse un peu perplexe. La conviction que l'enfant est
innocent perdure, malgré ce que la psychanalyse a souligné et
que l'Eglise et la sagesse des nations connaissaient depuis
plus longtemps.
Nous avons appris à soupçonner, avec la psychanalyse
notamment, la droiture des intentions motivant les actes
humains. Ce soupçon, presque systématique, coexiste pourtant
avec l'idée de l'innocence enfantine, de la bonté créatrice et
spontanée du petit : il sait, lui, tandis que l'adulte piétine
et réduit. Ces représentations agissent comme si les adultes
désabusés d'eux-mêmes avaient besoin de croire à leur possible
bonté, encore inviolée dans la figure de l'enfant. Ils
projettent en lui cet impossible rêve de l'innocence humaine,
avec d'autant plus de force que le monde auquel ils
participent présente des couleurs sombres et est agité de
violents sursauts. Croient-ils donc que l'enfant va les
racheter de leur lâcheté ? Sans compter cette étonnante
contradiction sociale et culturelle : d'un côté l'on avorte et
de l'autre on idolâtre l'enfant. Le rapprochement est rude,
sans doute, mais il met le doigt sur un point névralgique et
secret !
Or les parents découvrent bien vite que leur petit développe,
sans exemple ni conscience encore pourtant, des réflexes
d'accaparement qui se développeront en jalousie, en
domination, en violence. D'où cela vient-il donc, qui paraît
inné tant les manifestations en sont précoces, avant même
l'apparition de la conscience morale ? On a fait remonter la
cause de cet attrait pour le mal à l'éducation, qui
corromprait la bonté naturelle du petit. Mais l'expérience
manifeste qu'il est intérieur sans que l'on puisse l'imputer à
un être conscient et volontaire. Et puis, à supposer que ce
puisse être l'éducation, d'où viendrait-il donc qu'elle soit
source de corruption ?
Derrière ces brèves évocations, se cache la difficile question
de l'origine du mal moral. D'où vient-il que l'homme soit pour
son semblable un prédateur plus inflexible et insatiable que
tous les prédateurs du règne animal. "On aurait dit qu'à peine
assis, ils cherchaient entre eux de nouvelles manières de
faire souffrir", disait quelqu'un à propos de soldats dans un
pays en guerre.
L'époque contemporaine a eu et continue à affronter cette
haine méthodique et inégalée, qui se pare des justifications
les plus aberrantes, qu'il s'agisse de la race ou de la lutte
des classes, de la loi du marché ou des prérogatives de telle
tribu. Plus le discours théorique est serré et absolu, plus
l'implacable violence s'exerce. Au point que ne manquent pas
ceux qui estiment l'homme foncièrement mauvais, comme si
l'autre théorie, qui tient l'homme pour foncièrement bon,
n'était qu'une vaste fumisterie, qui a pourtant la vie dure et
engendre un angélisme, désarmant devant le mal et la malice.
Certains diront, qui ont le sens de l'équilibre, que l'être
humain est bon et mauvais à la fois. Mais cela ne résout la
question qu'en apparence, car cette hypothèse qualifie l'être
même de l'homme et fait ainsi de lui le théâtre d'un
affrontement métaphysique entre le bien et le mal dans lequel
il n'existe aucune place pour la liberté.
Et nous devons pourtant vivre, de toute façon, mais comment,
pour que ce soit comme des êtres humains ?
Le péché originel désigne cette blessure de l'être humain
antérieure à son action personnelle : son effet premier se
traduit par la méconnaissance de Dieu, avec ce qu'elle
entraîne. Il ne détruit pas la nature de la personne humaine
ni sa capacité à chercher et à accomplir le bien. Créée à
l'image et à la ressemblance de Dieu, elle tient sa bonté de
sa création même
La manière dont le récit biblique présente cette chute
originelle de l'humanité suggère qu'elle s'inscrit sur fond
d'un mystère plus grand car Adam et Eve sont tentés par un
personnage représenté par le serpent, dont la morsure est
mortelle et qui instille son poison en forme de défiance à
l'égard de la Parole de vie donnée par Dieu.
C'est de ce péché dont la baptême délivre : premier fruit du
salut donné par le Christ et communiqué par les sacrements.
7/ De quoi suis-je sauvé, moi ?
C'est une très bonne question. Nous parlons assez facilement
du salut donné par le Christ, mais fréquemment nous avons du
mal à préciser ce qu'est ce salut et comment il nous est
communiqué.
On l'identifie parfois à l'agir moral : nous recevons de
pouvoir agir bien. Peut-être, mais cette compréhension est un
peu réductrice et elle se heurte à des observations simples.
On entend ainsi dire qu'il existe des non-chrétiens qui sont
plus chrétiens que les chrétiens : la formule est amusante,
mais elle souligne que les actes bons ne sont pas l'apanage
des baptisés. Cette constatation, juste mais à la formulation
approximative, oblige à chercher davantage ce qu'est le salut
effectivement donné et, par conséquent, ce qui caractérise
l'identité du chrétien.
Le baptisé est sauvé de la méconnaissance et de l'éloignement
de son Créateur. Pour le dire de manière ramassée, nous
connaissons Dieu en vérité et nous recevons de partager dès à
présent sa propre vie. Rien que cela ! L'être humain est sorti
de l'enfermement qui borne son horizon par la mort. En
découvrant qui est son Créateur, il découvre à quelle vie il
est appelé et il la reçoit.
L'identité chrétienne n'est donc pas d'abord caractérisée par
un agir bon, mais par le fait d'être fils ou fille adoptif de
Dieu le Père. Cet être reçu par le baptême qui unit au Fils
unique, donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu, selon une
expression de saint Jean dans le prologue de son évangile.
L'agir qui en découle est un agir filial, à la manière de
Jésus, le Fils unique fait homme. Sa règle est simple :
Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Et comme
le baptisé est un être humain, sa capacité à agir selon le
bien est saisie par l'Esprit Saint qui lui donne son maximum
d'extension : cet agir devient coopération avec l'action même
de Dieu. Le baptisé agit ainsi pour le salut de tous les
hommes : il le sait et reçoit de Dieu lui-même le pouvoir
d'entrer dans l'accomplissement d'une telle œuvre. Il en
reçoit la mission.
Le don est immense et il oriente vers Dieu le Père et non vers
soi-même. Il permet de connaître vraiment Dieu, cherché à
tâtons par l'humanité en des directions variées. Il délivre de
la peur de la mort et de toutes les chaînes qui retiennent
captif l'être humain. Il donne la pleine liberté d'aimer, et
d'aimer comme Dieu aime.
Du coup, si l'on ose dire, l'Eglise en ses membres communique
à l'humanité les biens ainsi reçus.
Cela explique que l'homme moderne, surtout occidental, puisse
jouir de cette liberté. Mais nous nous heurtons à une
dangereuse illusion, qui consiste à penser que ce bien est
propre à l'homme depuis l'origine, qu'il peut en user à sa
guise sans reconnaître son Créateur : c'est oublier et
l'histoire et la nature même de cette liberté. Rejeter Dieu,
comme une sorte de concurrent dominateur, c'est retomber dans
l'enfermement originel, à ceci près qu'il est pire parce que
la liberté reçue se retourne en quelque sorte contre
elle-même, tombe dans des esclavages plus redoutables qu'avant
et en accentue les effets destructeurs.
Mais cette situation rend toujours plus actuelle la mission de
l'Eglise au cœur de l'humanité. Elle veille sur l'être humain
et ne cesse d'être le canal actuel par lequel le salut est
effectivement communiqué.
8/ Que communique le baptême ?
La vie même de Dieu, par l'union actuelle au Christ, Fils
unique de Dieu le Père dans la puissance de l'Esprit Saint.
9/ Qui baptise ?
L'évêque, le prêtre ou le diacre.
En cas de danger de mort, n'importe qui peut baptiser pour
autant qu'en accomplissant le rite il veuille faire ce que
l'Eglise fait lorsqu'elle baptise. On verse l'eau sur le front
par trois fois en prononçant les paroles habituelles : N, je
te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.
Après avoir procédé, on en avertit le curé du lieu. Il est bon
qu'il puisse y avoir un témoin.
On ne peut baptiser quelqu'un contre sa volonté, ni un enfant
contre la volonté de ses parents. Dans une telle situation, on
peut, avec assurance, le confier à la bonté de Dieu le Père.
10/ Comment se prépare-t-on à recevoir le baptême ?
Pour un bébé, les parents viennent à la paroisse inscrire leur
enfant, si possible deux mois avant la date envisagée. Il leur
sera proposé une rencontre, avec d'autres parents, pour
réfléchir ensemble au sens du baptême. Une autre rencontre
sera organisée pour préparer avec le prêtre ou le diacre la
célébration elle-même.
Les baptêmes sont généralement célébrés le dimanche. A saint
Christophe, la célébration regroupe au maximum trois familles.
Cette célébration commune du baptême souligne son caractère
ecclésial.
Pour un enfant en âge scolaire, à partir de sept ans :
l'inscription doit se faire dès que le baptême est envisagé.
La préparation s'étend sur une année, précédée d'une année
effective de catéchisme ou d'aumônerie. Cette durée est
nécessaire pour instruire celui ou celle qui sera baptisé et
pour l'aider à mûrir son choix. Généralement, la paroisse
propose une date dans l'année pour la célébration de ces
baptêmes.
Pour un adulte, à partir de dix huit ans : l'inscription se
fait au cours d'un premier entretien avec le responsable du
catéchuménat des adultes. La préparation s'étale sur deux
années, car l'instruction demande du temps et la conversion
doit être accompagnée pour porter son fruit. Le baptême est
généralement célébré dans la nuit de Pâques.
11/ Le baptême : aboutissement ou commencement ?
La question peut sembler un peu étonnante.
Aboutissement : on pourrait le penser dans le cas du baptême
d'un enfant en âge scolaire ou d'un adulte. La préparation a
pris du temps et mobilisé l'énergie spirituelle du
catéchumène, qui a pu connaître des hauts et des bas, des
moments d'incertitude ou d'hésitation, d'enthousiasme et de
crainte aussi. Le jour du baptême est un événement unique,
espéré et attendu.
Malgré cette réalité, le baptême est bien un commencement, car
il inaugure une vie nouvelle. Tout commence véritablement, car
le don que l'on s'est disposé à recevoir est réellement
communiqué. Vient le temps de l'exercice de cette vie
chrétienne dont on a pris le temps de découvrir les
caractéristiques et la beauté, dont on sait qu'elle est aussi
un combat pour la sainteté et l'union au Christ dans la vie
quotidienne.
Pour les bébés et les enfants en âge scolaire, le baptême
inaugure aussi, et avec la même force, une vie nouvelle. Mais
elle va s'inscrire dans la croissance naturelle de l'enfant :
les parents vont lui apprendre à prier, à venir à l'église, à
participer déjà à la messe, à vivre comme le Christ
l'enseigne, il participera au catéchisme.
12/ Qu'est-ce que ça change d'être baptisé ?
Rien et tout.
Rien, parce que l'existence est toujours l'existence humaine
communiquée à la naissance et partagée avec tous les êtres
humains. L'existence du baptisé est en tout semblable à celle
d'un non baptisé, y compris en ce qu'elle a d'inexplicable et
de rude.
Tout, vraiment, parce que la manière de recevoir et de vivre
cette existence est original. Saint Paul a résumé cette
particularité par ces mots : "Ma vie présente dans la
condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui
m'a aimé et s'est livré pour moi". Ce lien invisible et réel
conduit dans les profondeurs du mystère de Dieu et dans celles
de la condition humaine, créée et sauvée par Dieu.
Des catéchumènes adultes surprennent les baptisés habitués
lorsqu'ils leur disent que la foi chrétienne offre une
plénitude inouïe par la vie divine communiquée dans les
sacrements. Et il est vrai que les habitués sont souvent bien
peu conscients de l'étonnante nouveauté de la vie chrétienne,
de la lumière et de la capacité qu'elle donne pour aller à
Dieu, du sens qu'elle confère ainsi à l'existence humaine,
sans l'idéaliser
13/ Comment choisir le parrain et la marraine ?
Le parrain ou la marraine (un seul suffit) est un baptisé ou
une baptisée qui se porte garant de la foi dans laquelle
l'enfant sera baptisé, et accepte d'aider les parents dans
l'éducation chrétienne de leur enfant. Pour un adulte, il
atteste que celui-ci a bien été instruit et il l'accompagnera
dans sa vie de baptisé.
Le choix du parrain ou de la marraine répond également à des
critères affectifs ou familiaux. Il reste aussi encore l'idée
que les parrain et marraine peuvent suppléer les parents en
cas de coup dur et prendre en charge l'enfant à leur place.
Souvent, on perçoit le souci qu'une relation un peu
privilégiée puisse se nouer, de telle sorte que l'enfant
puisse avoir, à l'âge de l'adolescence, un interlocuteur autre
que les parents mais en qui les parents ont confiance.
Mais, en toute hypothèse : un parrain ou une marraine doit
être baptisé catholique, normalement confirmé et admis à
l'Eucharistie, et avoir plus de seize ans. Il arrive qu'un
parrain ou une marraine puisse avoir moins de seize ans : cela
dépend du Curé qui peut le permettre, selon des conditions
simples (que celui ou celle qui est pressenti ait une vie
chrétienne régulière, est la plus fondamentale, car il n'est
pas très indiqué de choisir un parrain ou une parraine pour
faire plaisir). Si vous êtes dans ce cas-là, veuillez avoir la
courtoisie de ne pas mettre le Curé devant le fait accompli,
car en cas de refus de sa part, vous vous trouveriez ennuyés.
Interrogez-le d'abord et suivez ce qu'il vous dira.
Pour un enfant, vous avez la faculté de choisir un parrain ou
une marraine appartenant à une autre confession chrétienne
(luthérien, réformé, anglican ou orthodoxe), il ou elle
figurera alors dans le registre au titre de témoin. Cette
disposition vise à respecter la vérité des appartenances
chrétiennes. Dans ce cas, l'un des deux doit être catholique.
En raison de la nature du parrainage et du baptême, quelqu'un
qui n'est pas baptisé ne peut être ni parrain ou marraine, ni
témoin.
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