16 mai 2010 -  7ème dimanche de Pâques

Aimer et se savoir aimé
Raymond Harter

 

LA TERRE EST SI BELLE

   Voici que l’Ascension du Seigneur nous fait désirer les réalités d’en haut, là où notre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Serait-ce à dire que les réalités d’en bas, celles que nous connaissons sensiblement, ont perdu toute consistance et qu’il nous faut rester là, plantés malgré nous, pendant que la caravane passe ?

   Un des dons que nous avons reçu du Christ consiste en ceci : En nous révélant le Père et en nous donnant accès auprès de lui, le Seigneur nous a permis de recevoir ce qui nous entoure comme le fruit de l’acte créateur. La création, dont l’être humain fait partie, est œuvre de Dieu. Nos contemporains ont perdu cette connaissance : l’efficacité technique a réduit la création à un champ d’expansion de la domination humaine. Quand les éléments se rappellent au bon souvenir des lilliputiens que nous sommes en réalité, l’affolement s’empare des esprits. Ce que nous avons gagné en pouvoir, nous l’avons perdu en humilité et en capacité d’émerveillement.

   Si notre intelligence détache la création et l’action humaine de Celui qui en est l’origine, la vie elle-même perd de sa limpidité et le goût de vivre s’épuise. Or la terre est belle, qui nous a été confiée. Marquée par la laideur et le péché, elle conserve cependant sa bonté et sa splendeur, une splendeur qui peut conduire l’être humain à se tourner vers Celui qui donne la vie et désigne par son œuvre même une plénitude d’existence et de joie.

   Par sa résurrection, le Christ ne s’évade pas de notre condition humaine, il la tire avec lui au contraire. Sa beauté native nous est dévoilée par son incarnation, sa plénitude finale nous est annoncée par son ascension. Habités par l’Esprit Saint, nous le suivons humblement, ici et maintenant, nous coopérons à l’œuvre du salut, nous aspirons à ce que tout soit achevé enfin.
S’il nous faut nous détacher des réalités, c’est pour qu’elles échappent à notre rapacité et que nous puissions les recevoir de Dieu lui-même, nous réjouir de leur beauté et aspirer à leur plein accomplissement. La terre est si belle, en effet. Elle est le lieu de notre rencontre avec Dieu et le chemin de notre union à lui. Elle est si belle ! Combien plus l’est alors le Créateur, qui nous la fait aimer parce qu’elle ne trouve qu’en lui le visage qui l’attire et la sauve. .

Père Antoine Louis de LAIGUE
curé

Photos de la vigile pascale

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Galerie photo: à la découverte de l'ancienne église
(photos © Jean-Michel Touche)