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28 février 2010 - 2ème
dimanche de Carême
Editorial du 21 février 2010
Théophanies ambulantes et rayonnantes
La contemplation de la Transfiguration du
Seigneur nous permet d’éviter une erreur grossière dans la
façon de vivre ce temps de carême. Les privations que nous
imposons à notre corps, les efforts que nous mettons en
place, n’ont pas pour but de mépriser le corps mais de le
maîtriser.
Cette maîtrise n’est pas non plus une fin en
soi. Elle est un moyen au service du double commandement de
l’amour : aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de
toute sa force, de tout son esprit, et aimer son prochain
comme soi-même. Ces efforts n’ont pas pour objet une
prouesse ascétique où le corps serait un boulet, mais de
nous rendre disponibles et libres d’aimer comme Dieu aime.
La Transfiguration de Jésus sur la haute
montagne manifeste sa divinité au sein même de son humanité.
La matière n’est donc pas mauvaise, le corps n’est pas une
prison dont il faudrait s’échapper. Dans la Révélation
biblique et chrétienne, le corps est assumé et est
pleinement inclus dans le processus du salut.
Le corps de Jésus est théophanique : il est
devenu participant de la manifestation de sa divinité. Il
annonce le rétablissement de la pleine communion de la
création avec le Créateur car le Créateur est entré dans sa
propre création. Cette dernière est ainsi appelée à la
sanctification, à vivre en Dieu.
En cette marche vers Pâques, baignons notre
espérance dans la lumière du Thabor pour devenir à notre
tour de petites « théophanies ambulantes » – selon une
expression du P. Nicolas Ozoline, professeur à l’Institut
Saint Serge – rayonnantes de la grâce que Dieu nous offre. .
Père Gabriel Würz

La Tentation de Jésus au désert
Le Miroir de l’humaine
condition,
Ecole française du XVe siècle.
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