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21 février 2010 - 1er
dimanche de Carême
Editorial du 14 février 2010
NOTRE PAIN DE CE JOUR
Pour nous apprendre à prier, le Seigneur
nous a donné une grande prière. Il nous y fait demander au
Père de nous donner notre pain de ce jour. Je ne sais
comment vous entendez ces mots.
Demander quelque chose à quelqu’un, c’est
reconnaître que l’on manque de cette chose. Or la
nourriture, pour la plupart d’entre nous, nous la prenons
sans réfléchir, nous l’achetons, nous la consommons. Et pour
celui qui n’en aurait pas, n’y a-t-il pas de la naïveté à
penser que Dieu va la lui donner ? Aide-toi, le ciel
t’aidera, dit-on.
En fait, je ne demande pas d’abord mon pain
à Dieu. Je lui demande notre pain. C’est une manière de
rappeler la présence de la communauté des disciples. Le
Seigneur prend soin de ses disciples, dont chacun peut
devenir pour l’autre la manifestation de la bienveillance
divine. La solidarité est une des marques de la famille.
Alors même que l’on mange à sa faim, le
Notre Père forme en nous une authentique attitude
spirituelle : le pain est un don que Dieu nous accorde, tout
comme l’existence.
C’est ce que nous rappellent les paroles de
l’offertoire : « ce pain, fruit de la terre et du travail
des hommes, ce vin, fruit de la vigne et du travail des
hommes ». Le pain, et, par extension, la nourriture, sont le
résultat d’une collaboration entre Dieu qui donne et l’homme
qui transforme. Dans la vie courante nous oublions souvent
les deux. Demander à Dieu qu’il nous donne le pain de ce
jour, c’est devenir davantage conscient que, sans les dons
qu’il fait à l’être humain, rien n’est possible.
Et plus encore, à la lumière des paroles de
l’offertoire, nous découvrons que pain et vin, nourriture
pour notre corps, deviennent, dans le sacrement de
l’Eucharistie par la puissance de l’Esprit-Saint, corps et
sang du Seigneur lui-même qui se donne ainsi en nourriture.
Cette nourriture reçue pour la vie éternelle
opère en nous l’union au Christ et à l’Eglise : elle réalise
l’unité du Corps du Christ qui est l’Eglise.
Père Antoine Louis de LAIGUE
curé

La Tentation de Jésus au désert
Le Miroir de l’humaine
condition,
Ecole française du XVe siècle.
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