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14 février 2010 - 6ème
dimanche du Temps ordinaire
Editorial du 7 février 2010
« HEUREUX, LES PAUVRES..., LES AFFAMÉS... »
L’étonnant message des
BÉATITUDES, qui est au cœur de la liturgie de ce dimanche,
est annonciateur d’une ère nouvelle où juifs et non-juifs
sont invités par Jésus à voir dans les pauvres, les affamés,
les oppressés non pas les délaissés de Dieu, mais ceux pour
qui son amour divin a une particulière tendresse.
Personne n’a jamais osé aller aussi loin que
Jésus dans cette prédilection pour les malheureux, affirmée
avec audace et autorité : « Heureux les pauvres..., les
affamés..., les persécutés... ». Dans l’Ancien Testament
prophètes et psalmistes ont souvent dénoncé le sort infligé
par les puissants aux pauvres de leur temps, mais loin d’eux
l’idée de les traiter d’heureux.
Une petite voix, cependant, a précédé la
retentissante proclamation de Jésus, celle de Marie, qui dans
le Magnificat, s’exclame :
« Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève
les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les
mains vides. »
Dans ce texte inaugural de sa vie publique, Jésus prend le
contre-pied des valeurs communément admises pour être «
heureux ». La clé du bonheur n’est-elle pas pour beaucoup dans
la possession des richesses, du pouvoir et des honneurs ?
Ce renversement des valeurs, proclamé par
Jésus, n’est pas toujours bien compris et accepté. Ce fut le
cas du jeune homme riche de l’Evangile pour qui l’abandon de
ses biens allait au-delà de sa générosité.
Laissons-nous interpeller par le message des
BÉATITUDES; sommes-nous prêts à les accepter comme des
lumières qui conduisent vers le bonheur : le vrai,
l’inaltérable ?
Raymond Harter diacre

Les Béatitudes
Philippe de Champaigne
1602 - 1674
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