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10 janvier 2010 - Baptême
du Seigneur
Editorial du 3 janvier 2010
DÉCALAGE
Il arrive parfois que
nous soyons intérieurement saisis par une sorte de
disproportion entre ce que nous entendons de l’Evangile à la
messe et le monde tel qu’il va. L’écart paraît même
tellement grand qu’on en viendrait presque à douter de la
pertinence et de la force de cette Parole que nous acclamons
pourtant chaque dimanche. Et cependant notre sens chrétien
d’une responsabilité à l’égard de l’existence humaine nous
conduit à nous demander comment faire.
Comment comprendre cet écart qui nous semble inconfortable et
inadmissible ? Serait-il dû seulement à une mauvaise
communication du Pape ou des Evêques ? Tiendrait-il à des
rites empesés, compassés – dépassés, si loin des
préoccupations habituelles, considérées comme seules réelles ?
Inciterait-il à estimer que nous sommes décidément inadaptés à
ce monde, condamnés à disparaître, engloutis dans le flot des
objets et du pouvoir de la technique ou de l’économie ?
Il faudrait plus qu’un éditorial
pour explorer ces questions. Le décalage constaté, jusque dans
nos propres vies, indique un chemin à parcourir vers Dieu.
La première constatation est que
nous croyons en Dieu, tel qu’il veut bien se révéler : la
messe du dimanche nous le fait vivre et nous instruit en même
temps sur Dieu et sur l’homme, créé à sa ressemblance. Cette
foi caractérise donc notre position particulière dans la
manière d’envisager l’existence. Elle n’est pas partagée par
tous et il peut même y avoir des gens hostiles. Il reste que
le contenu de cette foi, en ce qu’il a d’universel, apporte
une vision de l’être humain propre à l’aider à affronter les
défis du temps présent. Et si
nous revenons constamment à des réalités simples, c’est parce
qu’en accueillant l’Evangile dans notre propre existence nous
nous disposons à réfléchir et à agir d’une manière telle
qu’elle éclairera tout le monde. Chacun est à sa place et
c’est en vivant à cette place dans la disponibilité au
Seigneur que nous apportons notre contribution à une œuvre qui
nous dépasse et dont Dieu est le maître. Cette seconde
constatation nourrit notre espérance et forme l’humilité face
à la complexité du réel.
Père Antoine Louis de LAIGUE
curé

Le Baptême du Christ
Côme Duhey Église Notre-Dame-de-la-Gloriette
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