Album photo de la Messe du Cardinal André Vingt-Trois le 15 novembre 2009

 6 décembre 2009 -  2éme dimanche de l’Avent

Editorial du 29 novembre2009

LA JERUSALEM DE BARUCH

   De façon fort originale, le livre de Baruch présente Jérusalem comme la coopératrice de l’œuvre de Dieu: il est nourricier d’Israël, elle est nourricière (Ba 4, 8). Jérusalem est, en Baruch, une mère innocente touchée par le malheur de ses enfants rebelles à l’Alliance.

   Son existence est un secours remarquable. Compatissante, elle cherche à aider ses enfants exilés à Babylone. Elle intercède pour eux devant le Seigneur (Ba 4, 20). Elle les exhorte à se joindre à sa supplication (Ba 4, 21). Elle leur partage la fermeté de son espérance dans le Seigneur miséricordieux (Ba 4, 22).

   Tout se passe comme si Jérusalem était dotée d’une vie personnelle propre : une vie consacrée à signifier et à rendre possible l’union de Dieu avec le peuple qu’il s’est choisi. Et ses efforts persévérants sont couronnés de succès : elle reçoit la primeur de l’annonce du salut que Dieu va opérer (cf. 1ere lecture).

   Aujourd’hui encore Dieu prodigue son assistance. La cité sainte qu’il nous donne, la mère à qui il nous confie est l’Église. Toujours sainte et fidèle quoique ses enfants soient des pécheurs, elle se dépense sans compter pour nous faire passer de ce monde blessé au Royaume qui vient.

   Où entendre sa voix qui exhorte et rend courage ? Tout simplement au cœur de la paroisse. Les équipes de couples, par exemple, sont des lieux privilégiés. Loin des mondanités stériles ou d’un intellectualisme obscur, les participants deviennent des amis. Unis par l’intercession, grandissant dans l’intelligence de la foi, s’accueillant mutuellement avec bienveillance, ils font à chaque rencontre l’expérience de l’Église qui les soutient et les confie à Dieu.

   Que ce temps de l’Avent soit propice à notre découverte des grâces que Dieu dispense dans la vie paroissiale ; la Jérusalem de Baruch y est toujours présente.

Père Gabriel Würz
 



La Prédication de saint Jean-Baptiste
Carlo Maratta (1625-1713)
Pau, Musée des Beaux-Arts