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5 avril 2009 - Dimanche des
Rameaux et de la Passion du Seigneur
Editorial du 29 mars
GRANDEUR
Il y a quelque chose de
stupéfiant – qui provoque la stupeur, cet état de paralysie
muette qui se produit en l’être humain devant l’insoutenable –
à considérer le récit de la passion. Loin de toute
sensiblerie, que nous épargnent les récits évangéliques, nous
sommes placés devant le déploiement, étrange et familier à la
fois, de la violence homicide.
L’agitation des hommes, la
fragilité des déterminations, le silence de celui qui accepte
d’être fixé sur le bois planté en terre : chaque année nous en
écoutons l’enchaînement et les mots résonnent dans nos églises
de pierre, de bois ou de béton.
Comment déchiffrer la
signification et la portée de l’événement raconté et proclamé
? Il ne peut nous livrer son sens si nous le détachons des
paroles et des actes qui le précèdent et le suivent. Celui qui
l’a vécu peut nous en dévoiler l’infinie profondeur et ses
disciples qui en ont été témoins, qui ont vu et entendu au
point que leur vie a été bouleversée.
La mort et la passion n’ont
pas leur vertu en elles-mêmes. C’est la mort et la passion de
cet homme. C’est parce que nous le reconnaissons Fils de Dieu
fait homme que sa mort et sa passion deviennent un événement,
digne de retenir notre attention. Que Dieu puisse aller si
loin pour dégager l’homme du péché qui le défigure et habite
la mort, c’est cela qui nous laisse sans voix. Dieu toujours
plus grand, jusque dans cette proximité réelle avec les êtres
humains.
Quand nous disons que « Dieu
est amour », nous ne pouvons le confesser en vérité que devant
cet événement : l’humanité défigurée assumée par le Fils et
transfigurée dans sa résurrection. Voilà comment nous sommes
aimés par Dieu, jusqu’au bout de sa fidélité.
Père Antoine Louis de
LAIGUE
curé
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