Le carême est un
temps de conversion et de pénitence en lien direct avec
l’appel du Christ : « Convertissez-vous ». Mais pourquoi
parler de pénitence alors qu’apparemment il n’est question que
de conversion ?
À l’origine, « faire pénitence
» pænitemini n’est que la traduction latine du
métanoéité grec (convertissez-vous). Toutefois, les deux
notions se sont distinguées en insistant sur des nuances
différentes.
La conversion souligne le
changement radical de direction – en ski ce mot désigne la
manœuvre qui consiste à tourner ses skis de 180 degrés. La
conversion est donc un changement spirituel d’orientation
comme on passe de l’occident à l’orient : on se détourne des
ténèbres du péché pour faire face à la lumière du Christ
Sauveur.
La pénitence, contrairement à
ce que le mot peut évoquer dans notre esprit, n’a pas pour
fonction première d’être pénible. Elle correspond aux premiers
pas à la suite du Christ comme disciple renouvelé par la
miséricorde.
En effet, la conversion est un
retournement, mais pas encore une mise en route ; la
conversion à ski est d’ailleurs un mouvement exécuté en
restant sur place, il faut imprimer un élan de surcroît pour
bouger. La pénitence correspond à cet élan qui nous met en
mouvement une fois tournés vers le Christ.
Sa pénibilité doit se
comprendre à la manière d’une rééducation. Lorsqu’on se casse
un bras sur les pistes, après un mois de plâtre l’os est,
certes, remis mais on devra faire de la rééducation pour
retrouver la souplesse du membre. La rééducation est
douloureuse, mais ce n’est pas le fait du médecin qui serait
méchant en l’imposant : c’est à cause de la blessure dont il
faut récupérer.
Ainsi, la pénitence se révèle
: 1) élan donné à celui qui s’est laissé convertir vers le
Christ et 2) rééducation du cœur à aimer comme Lui.
Père Gabriel Würz