Le signe que vous
adresse un petit enfant pour vous dire au revoir, celui que
l'on adresse alors que le train s'ébranle ou que la voiture
s'éloigne : notre main parle pour nous, elle peut accompagner
des paroles mais peut aussi les remplacer, elle trace dans
l'espace un dessin aux contours fugitifs, son mouvement
pourrait presque ressembler aux effluves d'un parfum.
Nous commençons et achevons chaque messe par un signe de la main, nous commençons et achevons chaque prière de la même manière, de notre main droite nous traçons sur notre corps un signe de croix. Nous l'avons appris jadis ou naguère, une autre main posée sur notre main l'accompagnait, encore hésitante, la croix sur notre corps prenait forme. La simplicité du geste corporel guidait l'esprit appelé à se recueillir pour s'offrir au Seigneur. C'est que l'esprit ne va pas sans le corps, pas plus qu'il ne s'élève à Dieu sans lui.
Le geste familier, si facilement fait sans y penser ou machinalement, signifie pourtant l'essentiel et il s'apparente à une prière. Tracer sur soi une croix, c'est rappeler le lien qui unit le baptisé au Christ, c'est accueillir la manière dont l'amour divin s'est manifesté, c'est consentir aussi à demeurer disciple. Et dans le mystère de la croix, nous apprenons à reconnaître la manifestation de la Trinité, que nous confessons par les paroles qui accompagnent le signe.
Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.
Ce signe de la main tracé sur notre corps, pourquoi ne lui rendrions-nous pas toute sa belle signification ? Il est prière et profession de foi. Il est signe de reconnaissance.
Père Antoine Louis de LAIGUE
curé