18 janvier 2009 -  2ème dimanche du Temps ordinaire

Editorial du 11 janvier

UNITÉ DES CHRÉTIENS

En ce jour où commence la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la vocation du prophète Samuel (1ere lecture) recèle deux détails bien suggestifs. Les deux premières fois que Samuel se présente à Eli, celui-là le congédie en lui disant « retourne te coucher » ; il pense que l’enfant a rêvé. En revanche, au 3e appel, il comprend que c’est le Seigneur qui parle. Renvoyer le jeune garçon à sa couche n’est plus alors le faire retourner en arrière (à la situation antérieure), mais lui donner de rencontrer le Seigneur. Le chemin sera donc nouveau, pour un avenir nouveau. C’est pourquoi le prêtre de Silo utilise un autre verbe (que la traduction française n’a malheureusement pas rendu) : « Pars à ta couche », comme Abraham autrefois partit sur la route du Seigneur (cf. Gn 12).

   Par ailleurs, Samuel ne reprend pas le Nom de Dieu pour répondre à l’appel comme le lui suggère pourtant Eli avec justesse. C’est son ignorance qui le freine : le jeune garçon ne connaît pas encore le Seigneur, il n’est pas sûr que ce soit lui.

   Si nous ne discernons pas bien l’importance de l’œcuménisme, recevons aujourd’hui le témoignage du Concile Vatican II, perspicace comme autrefois le conseil d’Eli : « l’œcuménisme n’est pas une matière à option dans l’Église catholique » (décret Unitatis redintegratio).

   Lorsque nous comprenons que c’est le Christ lui-même qui appelle les chrétiens à l’unité, la démarche œcuménique n’apparaît plus comme le hobby de quelques uns. Il ne s’agit pas de revenir à coups de compromis à la situation d’avant les schismes comme si l’on pouvait gommer l’histoire. L’unité à laquelle Dieu nous appelle est un avenir nouveau, à recevoir de sa présence - qui nous est donnée comme à Samuel - et à bâtir par lui, avec lui et en lui. 

Père Gabriel Würz
 



Le Baptême du Christ
Andrea del  Verrochio (1435-1488)
Galerie des Offices, Florence