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COLLÈGE DES BERNARDINS
20 rue de Poissy, 75005, Paris
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MESSAGE DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI POUR LE CARÊME 2010
Voici quelques extraits :
En un premier temps, je souhaite m’arrêter sur le sens du mot
« justice » qui dans le langage commun revient à
« donner à chacun ce qui lui est dû - dare cuique
suum ». Toutefois cette définition courante ne
précise pas en quoi consiste ce « suum » qu’il
faut assurer à chacun. Or ce qui est essentiel pour
l’homme ne peut être garanti par la loi. Pour qu’il
puisse jouir d’une vie en plénitude il lui faut quelque
chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut
être accordé que gratuitement : nous pourrions dire
qu’il s’agit pour l’homme de vivre de cet amour que Dieu
seul peut lui communiquer, l’ayant créé à son image et à
sa ressemblance. Certes les biens matériels sont utiles
et nécessaires. D’ailleurs, Jésus lui-même a
pris soin des malades, il a nourri les foules qui le
suivaient et, sans aucun doute, il réprouve cette
indifférence qui, aujourd’hui encore, condamne à mort
des centaines de millions d’êtres humains faute de
nourriture suffisante, d’eau et de soins. Cependant, la
justice distributive ne rend pas à l’être humain tout ce
qui lui est dû. L’homme a, en fait, essentiellement
besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est dû
dépasse infiniment le pain.
L’injustice, conséquence du mal, ne vient pas
exclusivement de causes extérieures ; elle trouve son
origine dans le cœur humain où l’on y découvre les
fondements d’une mystérieuse complicité avec le mal.
Au sein de la sagesse d’Israël, nous découvrons un lien profond
entre la foi en ce Dieu qui « de la poussière relève
le faible » (Ps 113,7) et la justice envers le
prochain. Le mot sedaqah, qui désigne en hébreu
la vertu de justice, exprime admirablement cette
relation. Sedaqah signifie en effet
l’acceptation totale de la volonté du Dieu d’Israël et
la justice envers le prochain. Ces deux propositions
sont liées entre elles car, pour l’Israélite, donner au
pauvre n’est que la réciprocité de ce que Dieu a fait
pour lui : il s’est ému de la misère de son peuple.
L’annonce de la bonne nouvelle répond
pleinement à la soif de justice de l’homme. L’apôtre
saint Paul le souligne dans son Épître aux Romains : « Mais
maintenant sans la Loi, la justice de Dieu s’est
manifestée...par la foi en Jésus Christ à l’adresse de
tous ceux qui croient. Car il n’y a pas de différence :
tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et
ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de
la rédemption accomplie par le Christ Jésus. Dieu l’a
exposé instrument de propitiation par son propre sang
moyennant la foi. » (3, 21-25).
Quelle est donc la justice du Christ ? C’est
avant tout une justice née de la grâce où l’homme n’est
pas sauveur et ne guérit ni lui-même ni les autres. Le
fait que l’expiation s’accomplisse dans « le sang » du
Christ signifie que l’homme n’est pas délivré du poids
de ses fautes par ses sacrifices, mais par le geste
d’amour de Dieu qui a une dimension infinie.
Se convertir au Christ, croire à l’Évangile,
implique d’abandonner vraiment l’illusion d’être
autosuffisant, de découvrir et accepter sa propre
indigence ainsi que celle des autres et de Dieu, enfin
de découvrir la nécessité de son pardon et de son
amitié.
Fort de cette expérience, le chrétien est invité à
s’engager dans la construction de sociétés justes où
tous reçoivent le nécessaire pour vivre selon leur
dignité humaine et où la justice est vivifiée par
l’amour.
PELERINAGE DE L’A.B.I.I.F
Pèlerinage 2010 à Lourdes
des personnes malades ou handicapées (jeunes ou adultes)
de la région parisienne du
18 avril au 24 avril.
www.abiif.com
PÈLERINAGE DIOCÉSAIN À TURIN:
Ascension 2010
Du 12 au 16 mai 2010, à l’occasion de
l’ostension du Linceul, le diocèse propose un
pèlerinage diocésain à Turin conduit par le
Cardinal André Vingt-Trois : vénération du
Linceul, découverte de l’univers de Don Bosco,
marche sur les pas du bienheureux Pier-Giorgio
Frassati.
Renseignements : 01 55 79 96 03
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