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28 juin 2009 - 13ème dimanche du
Temps Ordinaire
CHACUN SELON SON BESOIN
Les lignes qui suivent vont peut-être vous paraître proposer une interprétation un peu triviale de la Parole de Dieu. Elles voudraient juste suggérer un prolongement pratique à ce que saint Paul exprime dans la seconde lecture de ce dimanche (2 Co 8, 7-15).
Vous vous souvenez de l'épisode de la manne, lorsque les Hébreux au désert furent ainsi nourris miraculeusement (Exode 16, 13-36). Ils en recueillirent, chacun selon ce qu'il pouvait manger. Si d'aventure l'un ou l'autre voulait en prendre davantage, par peur de manquer ou par avidité, le surplus devenait infect. Sans doute y a-t-il quelques explications naturelles au phénomène, mais on en peut tirer une sagesse de vie fondée sur la confiance en Dieu qui donne ce qu'il faut.
Par exemple, s'il vous arrive de méditer un passage d'évangile, vous vous désolez de n'en point faire le tour ou vous regrettez de n'en point retenir l'intégralité. Mais, dites-vous bien qu'un mot ou une phrase simplement goûtés suffisent amplement à nourrir votre amitié avec le Seigneur. " Qui trop embrasse, mal étreint ", énonce la sagesse populaire qui rejoint ici la divine. De surcroît, vous pourriez bien découvrir, grâce à un autre, quelque pépite que vous n'aviez pas aperçue et en éprouver alors de la joie plutôt que de la déception.
Il en va de même pour tant et tant d'aspects de notre vie. Nous nous désolons facilement de ce que nous n'avons pas et que l'autre possède, de ce que nous n'avons pas su faire ou entendre mais qu'un autre a manifestement accompli. Cupidité et jalousie pervertissent les dons de Dieu, y compris ceux que nous recevons nous-mêmes et que nous ne voyons pas.
Pourquoi ne pas mettre en commun et nous réjouir de cet accroissement mutuel ?
Pour des grandes vacances, pourquoi ne pas choisir cette ouverture à la libéralité de Dieu qui provoquerait la nôtre ?
Père Antoine Louis de
LAIGUE
curé

La tempête apaisée
évangéliaire d’Egbert, du X° siècle
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