Dimanche 29 janvier 2012 - 4ème dimanche du Temps ordinaire
LE TEMPS A CARGUÉ SES VOILES
Le monde tel
que nous le voyons est en train de passer, nous dit l'apôtre
Paul, le temps est limité (I Co 7, 31.29). Le texte grec a
une expression bien plus belle. Saint Paul reprend le
langage des marins et dit : Le temps a cargué ses voiles,
c'est à dire qu'il les a repliées comme un navire avant de
jeter l'ancre. Ainsi le sens du temps, la colonne vertébrale
de nos jours, n'est pas seulement la mémoire comme
recueillement de l'être, mais elle est aussi l'espérance
comme assomption de notre mémoire, celle de savoir que nous
allons quelque part avec tout ce que nous sommes et que nous
carguons nos voiles, comme un vaisseau revient des mers et
retourne à son port.
Il nous faudra
un jour carguer nos voiles, et rendre notre dernier souffle
à Celui qui nous a donné le souffle, mais déjà l'histoire a
cargué ses voiles, car nous sommes dans les derniers temps,
ceux du Christ. Nous n'attendons pas de révélation nouvelle,
et nous allons vers la fin de toutes choses, qui verra
toutes choses nouvelles. Les temps sont accomplis, dit le
Seigneur, convertissez vous (Mc 1, 15).
Qu'est ce que
le Christ est venu nous donner ? Il est venu ouvrir notre
temps à l'éternité, il est venu ouvrir nos jours à un à
venir. Se convertir, ce n'est pas d'abord faire un travail
sur soi, une œuvre d'introspection psychologique, mais c'est
nous tourner vers, c'est nous ouvrir à l'horizon ultime de
notre vie, qui est celui de Dieu. La perspective de
l'éternité donne au temps son poids véritable. L'éternité
est la véritable mesure du temps. Ainsi notre vie sur la
terre est-t-elle une fenêtre ouverte sur l'invisible
Présence, l'invisible Vie, l'invisible Action, l'invisible
Amour, mais nous ne croyons pas que nous allons nous fondre
dans un Tout, un nirvana impersonnel, nous perdre dans la
mer immense, nous croyons simplement que nous allons carguer
nos voiles et rentrer au port, comme on rentre à la maison.
L'éternité
n'est pas un concept, elle a revêtu le visage du Christ.
C'est lui, l'Alpha et l'Omega, qui donne à notre temps sa
consistance. Notre vie n'a de sens, quel que soit son état,
que comme réponse à son appel : Venez à ma suite (Mc 1, 17).
Les apôtres firent ce jour là un petit pas sur le sable
mouillé, un petit pas pour l'homme, mais un grand pas dans
l'éternité. .
Père Luc de Bellescize
Corps et Esprit - 15 janvier 2012 - homélie du Père Antoine Louis de Laigue
(messe de 11h)
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